À voir : un photographe a immortalisé les premières raves françaises à l’argentique

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Olivier Degorce
Le 29.10.2019, à 18h13
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©Olivier Degorce
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Olivier Degorce
En 2018 sortait le livre d’Olivier Degorce, Plastic Dreams : Rave and Club Scenes 1991-1999  publié par le label Edbanger. Ancien raveur, il a photographié les nuits de l’ombre des années 1990.

Cet article a initialement été publié en 2018 dans Trax n°211, disponible sur le store en ligne.

Les raves du début des années 1990 ont été peu documentées. À l’époque, il n’y avait pas d’appareils photo numériques, pas de smartphones, et les médias ne s’intéressaient pas à ce mouvement musical et festif. Olivier Degorce, raveur parmi les autres, arpente alors ces fêtes inédites, souvent illégales, qui s’improvisent dans des lieux originaux à Paris et en banlieue. Il se balade avec son petit appareil argentique. « À cette période, j’avais une approche compulsive de la photo. Je photographiais tout, tous les détails de ma vie. Et j’ai appliqué cela à la rave. » Le photographe travaille donc en argentique et dans une économie de moyens : « Je faisais 5 à 15 photos par soirée. Même pas une pellicule 24 poses entière. » Des photos réalisées à l’arrache, parfois dans un état second et dans l’atmosphère irréelle de ces raves originelles.

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©Olivier Degorce

« Je n’étais pas journaliste et je n’avais pas l’âme d’un reporter. Je ne faisais pas de photos de foules. Je participais vraiment à la fête et je ne voulais surtout pas rester coincé derrière mon appareil. Il y avait un feeling qui passait avec tous, raveurs comme DJ’s, par les regards, les sourires. Une sorte d’onde. » Olivier Degorce peut alors capturer des moments d’intimité, des visages, des poses. Voire plonger dans des détails comme les tatouages de Manu le Malin. Ces photos de rave underground constituent la première partie du très beau livre Plastic Dreams : Rave and Club Scenes 1991-1999, publié par Pedro Winter sur sa structure d’édition Headbangers Publishing. Il s’en dégage une chaleur, des émotions, une sincérité, une authenticité. « Je suis fan de musique et j’allais photographier les personnes qui composaient ces sons incroyables ou qui les mixaient. Je prenais aussi les personnes en extase, les danseurs traversés par cette musique. »

La seconde partie de cet imposant ouvrage, qui réunit 440 photos, est consacrée aux DJs. Plus de 200 ont été immortalisés par Olivier Degorce dans des raves, des festivals, des clubs, ou dans les studios de FG et de Radio Nova. Le photographe travaille alors pour Coda, Citizen K ou Novamag. « J’ai fait beaucoup de photos de DJs, et dans tous les styles, de DJ Krush à Liza ’N’ Eliaz. » On peut reconnaître aussi les visages juvéniles de Richie Hawtin, Dave Clarke ou DJ Deep parmi tant d’autres. « Nous avons effectué une sélection avec Pedro Winter et les deux directeurs artistiques du projet, Nicolas Poillot et Baptiste Gerbelot Barillon. Mais j’en ai encore beaucoup d’autres ! »

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©Olivier Degorce

Douze textes de journalistes / figures de la rave culture (les inoxydables Manu Casana, Didier Lestrade, Vincent Borel ou Patrick Thévenin) accompagnent les photos de ce livre magnifique. « Tous apportent leurs souvenirs, leur sensibilité. On faisait tous la fête ensemble. Il y avait ce côté familial, communautaire dans la rave. C’est une époque où l’on se marrait bien ! »

Le livre, Olivier Degorce, Plastic Dreams : Rave and Club Scenes 1991-1999 (Headbangers Publishing, 515 pages) est disponible à l’achat en ligne.

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