À voir : quand l’énigmatique I Hate Models impose son style dans l’antre brute du Péripate

Écrit par Simon Clair
Le 18.07.2019, à 14h44
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Écrit par Simon Clair
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Depuis quelques années, le nom de I Hate Models ne cesse de circuler sous le manteau. Mais le secret qui entoure cet énigmatique projet techno ne semble, lui, pas près de se dissiper. Refusant toute forme d’interview, le producteur masqué préfère laisser parler la foudre sur un premier album massif : L’Âge des métamorphoses. En juin dernier, Trax a profité de cette sortie pour photographier le style singulier du mystérieux phénomène techno.

Cet article est initialement paru dans le numéro 222 de Trax Magazine, toujours disponible sur le store en ligne.

C’est un phénomène étrange qui ne semble pourtant pas inquiéter les météorologues. Depuis des mois, Paris et toutes les grandes villes de France se couvrent régulièrement de brouillard en plein milieu de l’après-midi. Cette vague de brume déferle en général les samedis, avec une telle force qu’il n’est parfois même plus possible de voir ce qui se passe à plus d’un mètre devant soi. Elle s’accompagne aussi en général de pluie de pavés, de vitrines fracturées, d’explosions de grenades et parfois même de voitures qui flambent. L’heure est à l’orage, et pour être sûr de ne pas se faire frapper par la foudre, il est désormais conseillé d’avancer masqué.

C’est ce que fait le producteur et DJ derrière le projet I Hate Models. De lui, on ne sait à peu près rien. La faute au bandana noir qui lui camoufle sans cesse le visage à la manière d’un black bloc. Seules deux informations semblent avoir filtré concernant le personnage : l’homme est français et entretient visiblement un goût immodéré pour une esthétique de la révolte. C’est sans doute ce qui explique pourquoi la musique de I Hate Models est souvent considérée comme la partition la plus apte à accompagner les tumultes de l’époque. Depuis ses premières apparitions discographiques vers la fin de l’année 2016 sur le label ARTS, sa techno a lentement évolué vers un style toujours plus incendiaire. 

Porté par une envie de tout faire à la fois, le premier album de I Hate Models n’a pas choisi son titre au hasard. L’Âge des métamorphoses est un puissant éloge à la transformation. On passe ici sans pitié d’une partie vocale abrasive à une section acid, d’une musculature EBM à des saturations industrielles. Chacun de ses titres aux noms hantés (« Those Shiny Razor Blades », « The Night Is Our Kingdom », « Eternity Is Burning ») est sans cesse en train de muter, le temps d’un morceau de bravoure de plus de 93 minutes. Nul doute que ce disque sera aussi le point de départ de grands changements pour le producteur sans visage. Car vu la puissance démentielle que dégage aujourd’hui sa musique, I Hate Models est bien parti pour clôturer bon nombre de festivals cet été, dans des nuages de gaz lacrymogènes.

L’Âge des métamorphoses est sorti sur Perc Trax le 21 juin 2019.

Photos : Camille Mompach assistée d’Aubane Després
Stylisme : Garlone Jadoul et Samantha Gil


Sweatshirt et t-shirt Avnier, gilet APC, masque Boramy Viguier, bague perso


Pull et pantalon Acne Studios, baskets Reebok, masque Boramy Viguier


Pull, veste et pantalon LGN Louis-Gabriel Nouchi, chaussures perso


Cagoule Boramy Viguier, pull LGN Louis-Gabriel Nouchi, veste Amiri


Chemise Vince, gilet Kimhekim, pantalon Gunther, masque Boramy Viguier, chaussures Dr Martens


Sweatshirt et t-shirt Avnier, gilet APC, pantalon Kenzo, baskets Reebok, masque Boramy Viguier


Manteau Editions M.R, sweatshirt et chemise Vince, pantalon Zadig & Voltaire, baskets Reebok

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