À voir : Les intenses soirées techno australiennes capturées au flash par le projet “Momentum”

Photo de couverture : ©CaptureCharles
Le 18.01.2022, à 11h32
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©CaptureCharles
Photo de couverture : ©CaptureCharles
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Dédié à la scène rave et clubbing australienne, le tout nouveau magazine Momentum documente à grands coups de photos argentiques les folles nuits de la jeunesse de Sydney.

L’Australie est une terre de fête. Mall Grab, Skin 0n Skin, DJ Boring, HAAi… Si vous en doutiez, nombreux sont les artistes nés ou basés en Australie qui vous prouveront que les nuits y sont chaudes et mouvementées. Derrière les platines comme sur les dancefloors, la scène clubbing et rave de Sydney est digne d’une attention particulière. Et c’est justement pour tenter d’en capturer l’essence que le photographe CaptureCharles a lancé Momentum Magazine. Pensé comme le catalyseur de la scène locale, les interviews, anecdotes et images qui composent ce nouveau média tendent à documenter au mieux ce que ces fêtes ont de si spécial. Rencontre avec le photographe et rédacteur en chef du projet.

C’est quoi Momentum Magazine ?

Momentum Magazine est un pivot pour la scène du clubbing australien. C’est un magazine plein d’interviews de DJs locaux et d’astuces de grands artistes et DJs, de guides pour les événements de clubbing à venir, de beaucoup de musique, de photos des clubbers les plus endurcis et d’histoires folles de clubbers de la scène. Beaucoup de la culture de clubbing qui passe inaperçu ici en Australie, c’est très difficile de trouver une bonne plate-forme centralisée qui est cohérente avec la présentation de tout ce qui se passe. J’aime être en mesure de donner une voix aux DJs et clubbers, juste pour parler de tout ce qu’ils veulent en ce qui concerne la scène, ce qui, je l’espère, aura pour résultat de rendre la communauté clubbing plus soudée.

Momentum Mag donne la possibilité à tout le monde de regarder en arrière (et en avant) sur une culture qui évolue si rapidement. Tant de grandes fêtes sont organisées puis oubliées une semaine plus tard. Maintenant, grâce à Momentum, tout le monde peut revivre certains de ces moments fantastiques des fêtes passées, quand il le souhaite, sous une forme tangible.

« La couverture du Momentum #001. Ma photo préférée. Elle a été prise au Club 77, un petit club underground intime de Sydney. »©CaptureCharles

Quand et comment as-tu commencé à prendre des photos ?

J’avais environ 17 ans lorsque j’ai commencé à prendre des photos au lycée. Après les cours de photographie, mon école me prêtait un appareil photo que j’emmenais en ville la nuit, ce qui me permettait d’explorer et de capturer la vie nocturne dès mon plus jeune âge (en dehors des clubs). C’était difficile pour moi de rester en dehors des clubs, ma curiosité voulait toujours voir ce qui se passait vraiment derrière ces portes.

Quand et comment as-tu commencé à prendre des photos à l’intérieur des clubs ?

Quand j’avais 18 ans, je me concentrais principalement sur le DJing et en face du magasin de disques où j’étais souvent (Something Else Records), il y avait un magasin de pellicules (Sydney Super8). Un jour, ma curiosité m’a poussé à entrer et à acheter un appareil photo argentique 35 mm. J’étais très nerveux à l’idée de photographier sur pellicule, car c’était un support que je n’avais jamais exploré auparavant. Ce week-end-là, je me suis rendu à ma première soirée en warehouse (organisée par Mantra Collective), ce qui a complètement changé ma vision des soirées après avoir fait l’expérience de tant de liberté dans une seule pièce. Heureusement, j’avais emporté mon nouvel appareil ce soir-là et j’ai pu documenter tout l’événement.

« Photos prises à une fête d’Halloween en warehouse à Sydney. Tellement d’incroyables tenues cette nuit-là. Ce qui a donné lieu à des photos très glamour. »©CaptureCharles

Quel type d’appareil photo et de technique utilises-tu ?

J’utilise des appareils photo argentiques Olympus et Ricoh 35 mm, et je prends principalement des photos spontanées, non planifiées. Je repositionne rarement les gens ou leur demande de se déplacer car cela rompt l’idée originale de ce qui a attiré mon regard en premier lieu. Pour moi, il est beaucoup plus facile de travailler avec le flux de personnes plutôt que de forcer une photo planifiée.

Qu’est-ce qui te plaît dans le fait de photographier des gens qui dansent et font la fête ?

C’est tellement épanouissement pour moi de capturer les gens dans leur forme la plus authentique, en particulier à travers la magie de la piste de danse, qui agit comme un chemin pour les clubbers à obtenir une forme pure, non filtrée. Le dancefloor est l’endroit où les gens commencent à agir comme s’il n’y avait personne autour d’eux, et c’est ce que je cherche à capturer dans mes photos.

©CaptureCharles

C’est aussi très cool de rencontrer autant de personnes d’origines et d’identités différentes. J’ai appris énormément de choses sur différentes cultures et j’ai découvert de nouveaux intérêts que je n’aurais jamais connus autrement, grâce aux nombreuses personnes que j’ai rencontrées dans les clubs. On ne sait jamais sur qui on va tomber sur le dancefloor… Je me souviens d’une personne qui s’est approchée de moi une fois dans le club alors que j’ajustais l’angle de la prise de vue. Elle m’a dit : “Ne réfléchis pas, prends la photo !” et honnêtement, c’est quelque chose qui m’est resté en tête depuis qu’elle l’a dit. Il n’y a vraiment pas de temps pour réfléchir, il faut juste shooter, sinon c’est foutu pour toujours. Surtout dans un environnement où tout va si vite.

Quel est ton lien personnel avec la musique électronique et les clubs ?

Du jeudi soir au lundi matin, vous me trouverez probablement dans un club quelque part… Je suis passionné par les clubs, la musique, les gens et bien sûr la danse. C’est donc difficile pour moi de rester à la maison quand je sais qu’il y a une fête quelque part.

« Ma première Boiler Room à Sydney en 2021. DJ Boring a joué un set fantastique à laquelle vous pouvez clairement voir la réaction de la foule. »©CaptureCharles

Je fréquente principalement des événements électroniques/techno/house. Certains de mes clubs et événements préférés incluent : Club 77, Revolver Upstairs, Lost Sundays et Universal. Je vais à beaucoup de raves, de soirées en warehouse et d’événements underground, j’aime prendre du recul par rapport aux clubs de temps en temps pour aller à un événement un peu sauvage, il y a tellement de culture à trouver dans ces endroits et tellement de gens intéressants à rencontrer. Il y a aussi tellement de tracks de qualité à découvrir dans ces événements que l’on n’entend pas en club.

Comment décrirais-tu la scène australienne ? Qu’est-ce qu’elle a de spécial ?

La premier truc qui rend la scène australienne spéciale est l’incroyable accueil que vous réserveront les clubbers, peu importe qui vous êtes ou ce que vous faites, tout le monde veut juste faire la fête. L’Australie a une culture de la fête très forte derrière elle, quand tu mélanges ça avec des clubbers qui n’ont pas de préjugés, tu obtiens une scène clubbing compatissante avec des clubbers très différents qui passent des heures ensemble à se lâcher sur le dancefloor. Cette mixité rend ces moments très beaux. C’est en grande partie ce qui a motivé la création de Momentum Mag. En réunissant toutes ces fêtes et ces personnes différentes en un seul endroit, on sensibilise les gens et on leur permet d’avoir un aperçu de tout ce qui se passe, et pas seulement du même groupe de personnes qu’ils peuvent voir chaque semaine dans le même club.

Quelques anecdotes autour de tes photos préférées ?

Ça c’était la soirée de lancement de Momentum au club 77, animée par Jensen Interceptor. C’était une soirée très spéciale, non seulement parce qu’elle était animée par l’un de mes DJ’s préférés (qui a joué le remix le plus fou de “Me & u” par Cassie), mais aussi parce que Skin0nSkin était là pour la soirée. Merci 77.

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©CaptureCharles

Ici, mon ami Billy Xane (avec les cornes) avait organisé une rave sur le thème des années 90 dans l’un des plus grands clubs de Sydney. Il s’est produit en sous-vêtements et c’est probablement la seule personne que je connaisse qui ait pu le faire. L’effort pour les tenues était impressionnant.

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©CaptureCharles

Ça c’est une soirée pour mettre en lumière des talents du rap aux Bodega Studios à Sydney. Beaucoup de talent et de liberté en un seul endroit cette nuit-là.

©CaptureCharles

Bradley Zero avec son nouvel exemplaire de Momentum Mag !

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La première édition de Momentum Magazine est disponible sur le site internet du projet.

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