À voir gratuitement : “1987” et “1991” retracent les plus belles années du cinéaste Ricardo Trogi

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©DR
Le 27.10.2022, à 10h22
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Via sa plateforme TV5MONDEplus, la chaîne propose une sélection de films, séries, documentaires ou programmes jeunesse à consulter en ligne gratuitement. Parmi eux, 1987 et 1991 nous téléportent dans les plus belles années du cinéaste québécois Ricardo Trogi, qui a accepté de nous raconter ses petites magouilles et sa passion pour la musique de film.

Par Lucas Aubry

Trois quarts des scènes de 1987 et 1991 sont autobiographiques, vous aviez réellement pour projet d’ouvrir une discothèque sans alcool pour les 14-18 ans ? 

​​Absolument, mais je ne suis pas allé bien loin. Je me suis pointé à la banque sans rien savoir des démarches. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait justifier d’un emploi pour obtenir un prêt… s’ils me donnaient l’argent pour ouvrir mon entreprise, j’allais en avoir un d’emploi ! Mais c’est pas comme ça que fonctionne, et quelques temps après j’ai appris à la radio qu’une discothèque pour mineurs s’était ouverte dans le coin, j’avais vraiment l’impression de me faire voler. 

Donc vous vous êtes mis à voler des autoradios…

Donc j’ai aussi volé des autoradios pour me faire de l’argent de poche. Mais j’étais vraiment un tout petit voleur, c’est une carrière très courte, le temps d’un été. Et puis heureusement il n’y a pas eu de violence donc c’est facile à raconter aujourd’hui. Je peux même dire que ça a été l’un des plus beaux étés de ma vie, juste après le secondaire (lycée), celui que l’on voit dans 1987

1987 et 1991 se distinguent aussi par leurs bandes-son, de vrais nids à tubes, comment choisissez-vous la musique de vos films ? 

Je commence toujours par dresser une liste d’une centaine de titres que j’écoute en boucle pendant l’écriture scénario, je me fais comme une sorte de microclimat et à la fin, j’en identifie une vingtaine pour lesquelles je commence à sonder les droits. Tant que je n’ai pas la certitude d’avoir les droits, je ne peux pas commencer à tourner, question d’expérience. Pour 1981, le premier film de ma trilogie, j’avais tourné une scène en espérant obtenir un morceau de Starmania, l’opéra-rock de Michel Berger, même si on m’avait prévenu que la Française qui détenait les droits, France Gall, était dure en affaires. Et évidemment elle a fini par refuser…

C’est quelque chose qui arrive souvent ? 

Bien-sûr ! Ce qu’il faut comprendre, c’est que les grosses vedettes reçoivent un paquet de demandes et eux n’ont pas que ça à faire, c’est compréhensible, ils sont je ne sais où, défoncés sur une île déserte, ça peut prendre des mois. Sauf pour David Bowie. À ma grande surprise, son équipe a mis en place un système de réponse sous 3 jours avec une première règle très simple : ta scène ne doit pas mélanger le sexe, la drogue et la violence. Tarantino a sûrement dû renoncer. Et si ta scène passe cette première étape, ils sont sympa, on peut discuter. 

Il paraît que sur 1991, vous vous êtes ruiné pour un morceau de Bob Dylan…

Il a dit oui contre toute attente et ça m’a coûté une fortune ! Je crois bien que c’était autour de 85 000 dollars US (environ 80 000 euros). Mais comme mes producteurs savent que je vais installer pas mal de morceaux connus dans mes films, on prévoit le coup à l’avance, on ne gaspille pas trop dans les décors. 

On évoque Bowie, Dylan, France Gall, vous arrivez à rester connecté avec une scène musicale plus actuelle ?

J’ai une théorie là-dessus : à moins d’être extrêmement curieux, ce qu’on écoute entre nos 10 et nos 20 ans va déterminer nos goûts musicaux pour le restant de notre vie. À partir du moment où j’ai commencé à travailler, j’ai commencé à avoir moins de temps pour m’asseoir sur mon lit pendant 3 heures et découvrir des disques, donc tu replonges dans ce que tu connais déjà. J’ai pas honte de l’avouer, je suis marqué au fer par les années 80. 

Vous venez de terminer l’écriture du quatrième volet de cette saga, vous êtes en mesure de nous en dire plus ? 

On part en 1994-95, l’année de mes 24 ans. J’avais été choisi pour participer à l’émission Course destination monde sur la télévision nationale, qui réunissait 8 jeunes envoyés à travers le monde pendant 6 mois pour réaliser une vingtaine de courts reportages. J’ai passé un certain temps au Caire, avec un paquet de problèmes parce que j’essayais de faire un film sur l’excision et que c’était peut-être pas une bonne idée à cette époque là. Mais c’est mon entrée dans la réalisation, un des segments les plus importants de ma vie. 

Les films 1987 et 1991, ainsi que le reste du catalogue, sont à retrouver dès maintenant sur la plateforme TV5MONDEplus.

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