À voir: Ghost Song, un film-docu qui raconte la vie des jeunes à Houston avec une bande son produite par Jimmy Whoo

Écrit par Clarisse Prevost
Photo de couverture : ©GOGOGO PFILMS
Le 27.04.2022, à 14h14
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©GOGOGO PFILMS
Écrit par Clarisse Prevost
Photo de couverture : ©GOGOGO PFILMS
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Un film-docu du réalisateur français Nicolas Peduzzi, présenté à Cannes 2021 en ouverture de l’ACID, en salle ce 27 avril.

Tout prend place à Houston – où le réalisateur a vécu – dans la région conservatrice qu’est le Texas. « Je dois dépenser 200 balles juste pour me sentir normal », dit un ami de Will – l’un des personnages principaux du film – à celui-ci, avant que détonnent les premières notes aériennes, étourdissantes de Jimmy Whoo qui nous introduisent à l’un des sujets majeures du film : les problèmes de drogue. On fait alors donc connaissance avec Will, jeune musicien déshérité, sensible et en proie à un désespoir mélancolique. Il erre, cherche un sens à son existence alors qu’il raconte son histoire personnelle, celle d’un adolescent tourmenté shooté aux médicaments, maltraité par un père raciste, violent et dictatorial. « Man do you have a soul ? Could you fix my soul ? Do you sell time ? I need way more time so that I don’t do so many mistakes. »

J’ai pas envie d’être un fantôme, j’ai envie de me sentir vivant.

Mais l’espoir mis à mal par l’ennui existentiel résiste : « Il n’est jamais trop tard pour changer ta vie » . Alors, la musique éthérée du producteur français Jimmy Whoo amène les transitions entre chaque moment fort, appuyé par des plans en voiture sur l’autoroute, décor hypnotique souvent nocturnes aux couleurs psychédéliques. L’atmosphère est douce mais aussi très lourde, influencée par la réalité des conditions climatiques du Texas, où la menace des ouragans est omniprésente pour ses habitants.

On rencontre également Bloobath – second personnage principal de l’histoire – une rappeuse pleine d’ambition et fortifiée par la douleur de ses expériences passées, comme la mort de ses amis ou la souffrance occasionnée par les balles prises lors de conflits entre gangs. Repentie, raisonnée et bien décidée à sortir du cercle vicieux qui attrape ces jeunes désorientés, elle partage ses apprentissages moraux : « Fais gaffe à ceux qui te tirent vers le bas », « Ne sois pas la mauvaise conscience de quelqu’un d’autre ». À travers son parcours, elle nous parle de la culture musicale locale – elle qui rappe depuis ses 9 ans – ou le chopped and screwed – genre de musique aux beats ralentis par la consommation de lean – est née, initiée par des figures comme DJ Screw (d’ailleurs décédé suite à une overdose de codéine) : « Ce truc, ça inspire les gens. »

C’est comme être enfermé dans une cage de folie.

Mais la musique de Ghostsong est bien divisée en temps. D’abord rythmée par la production musicale des personnages, puis par la musique dizzy et profonde du producteur Jimmy Whoo, enfin par la musique classique, l’opéra de Verdi qui provoque des émotions similaires aux hip-hop. Le réalisateur explique : « Ces musiques se ressemblent dans leur côté tragique, dans l’exagération d’un côté de soi-même ».

Dans Ghost Song, on découvre – à travers scènes et dialogues vulnérables et poétiques inspirés de la véritable existence des acteurs – la réalité d’une ville conservatrice où les jeunes doivent se battre pour s’en sortir. Entre racisme, pauvreté, laxisme institutionnel et hustle, cette jeunesse désabusée en quête d’identité fait sa catharsis à travers la musique, nous rappelant la superbe série Atlanta, dont la saison 3 vient de sortir.

Le film est sorti ce 27 avril en France et sortira en août aux Etats-Unis.

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