À voir : Le collectif montréalais Vertige signe 2 lives techno filmés façon Gaspard Noé et Tarantino

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©DR
Le 22.02.2022, à 13h24
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De la techno survoltée, des ravers déchaînés, une cave, et une énergie dingue… Ce sont les ingrédients qui composent l’excellent Double !, un court-métrage de 30 minutes présentant les performances live des producteurs montréalais MOLZK et URUBU.

Propos recueillis par Elsa Fortant

À quelques semaines de la réouverture complète des salles de spectacle, des bars, des clubs montréalais prévue le 14 mars, Vertige Records lâche Double !, petit bijou audiovisuel de 30 minutes présentant les performances live des DJs et producteurs montréalais MOLZK et URUBU – de quoi patienter avant de retrouver les pistes de danse. On y découvre un lieu, deux ambiances : rave dark pour MOLZK et rave 90’s en mode simulation virtuelle pour URUBU, le tout filmé sous la houlette du réalisateur de la bande, Adrien Taret. Depuis son lancement il y a un an, le jeune collectif s’illustre à travers des productions filmiques soignées à l’esthétique forte, ici directement inspirée de Grindhouse (2007). On vous laisse apprécier le résultat final et n’oubliez pas de jeter un œil au trailer car il vaut également le détour.

Quelles étaient vos intentions artistiques avec ce projet ?

MOLZK : Proposer une alternative à toutes les diffusions de DJ ou live sets avec caméra fixe, que l’on voit depuis 2 ans maintenant. On a la chance d’avoir Adrien avec nous, qui met en scène notre musique avec un côté cinématographique que l’on voit peu dans ce milieu. Pour la musique, avec Lucas on veut mettre en avant les live sets et notre amour pour les machines. On aime le fait de pouvoir s’exprimer avec nos créations. C’est cette sensation de mise à nue qui est intéressante dans des live sets, et aussi un peu effrayante.

URUBU : On était en août et on voulait enregistrer nos lives de la saison, au début on voulait le tourner sur un toit pendant 1h chacun, mais on a préféré privilégier la qualité à la quantité. Donc on a décidé de réduire le temps de nos prestations pour que ce soit seulement des extraits, tout en ayant de chouettes images. Le jour du tournage il a plu et on a décidé d’aller dans ce sous-sol qui était notre plan B. On avait prévu le travail de lumière avec l’artiste Jules Boissière, et les costumes. Ensuite ça allait être de l’improvisation. On voulait juste filmer et capter des moments magiques sans trop savoir ce qu’on allait faire avec. En m’occupant de la conception sonore, j’ai puisé dans toutes ses références avec du réaliste et aussi du blockbuster du début 90’s.

Adrien Taret : Comme Lucas (URUBU) l’a dit, c’est parti d’un lieu, d’un groupe d’amis et de quelques déguisements. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais on avait clairement sous-estimé la difficulté que représentait la captation. Les inspirations conceptuelles sont arrivées bien plus tard, lors du montage. J’étais en France pour les vacances de Noël et j’ai retrouvé mon DVD du film Grindhouse (2007) de Tarantino et Rodriguez (un double feature). Ça m’a tout de suite donné l’idée de présenter notre double live en rendant hommage à ce format : comme un objet dégradé, badass, et qui joue sur le second degré. Plus tard, on a décidé de filmer des scènes d’introduction et d’intermission inspirées du film Irreversible (2002) de Gaspard Noé, comme si la camera se faufilait à travers le lieu, volait dans les couloirs de façon chaotique… le lieu se prêtait à cette esthétique. Avec ce projet on voulait avant tout se faire plaisir. Personnellement, ça m’amusait de rendre hommage avec mes petits moyens aux films qui m’ont marqué dans mon adolescence. Et puis on voulait faire danser bien sûr !

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À quoi ressemblent vos set-ups live ?

MOLZK : J’ai choisi d’utiliser un set up hardware assez compact. Un Akai Force en chef d’orchestre, accompagné d’un Typhon de Dreadbox et un Hydrasynth d’ASM. Ça me permet de ne pas avoir de structure trop rigide, et de m’éclater avec mes synthétiseurs préférés du moment. 

URUBU : J’ai monté un rack modulaire 104hp 6U juste pour le live. Je me suis lancé dans le modulaire pendant la pandémie, avec des kits à souder soi-même dans le but de me faire mon rack parfait ! Mon live est composé d’un séquenceur qui dirige un monophonique (monograff), un sampler pour mes kicks, un module de 7 drums de Endorphines, un sampler supplémentaire pour les voix, les amen breaks, un polyphonique (Plinky), des effets, filtres, distortions… ensuite ça va dans un mixer 8 canaux qui a deux bus send, donc c’est juste dans l’efficacité. Pour être sûr que mon son puisse rivaliser avec des sets pendant des raves, je passe par un compresseur multi bande d’Endorphines. Maintenant j’associe mon rack à un Akai Force pour séquencer et remplacer mon sampler, pour rajouter d’autres modules…

Peut-on s’attendre à d’autres créations audiovisuelles de cette envergure ? 

Adrien Taret : Je pense qu’on a tous beaucoup appris avec ce projet et qu’on ne le referait pas de la même façon. On se creuserait la tête pour trouver une toute nouvelle approche visuelle et musicale.

URUBU : Peut-être mais avec plus de préparation, plus de monde pour tourner, préparer. On a fait presque tous nos projets avec zéro moyen. On aimerait juste pouvoir continuer en impliquant plus de moyens et plus de monde maintenant ! Adrien a juste tout filmé et l’un l’assistait pendant que l’autre jouait, donc on était littéralement une équipe de deux quand on filmait. Aussi on aime faire de nouvelles choses, donc c’est sûr qu’on va vouloir faire des vidéos et de la musique sous plein d’autres formats !

MOLZK : Oui, on a quand même beaucoup d’idées pour les mois et années à venir. Puis c’est avant tout du travail entre ami.e.s, et vu qu’on s’éclate à faire ça, on aurait tort de s’en priver. Surtout quand on voit le résultat quand on est tous impliqués.

Avez-vous une anecdote de tournage à partager avec nous ?

MOLZK : La chaleur ! Tou.te.s enfermé.e.s à danser pendant des heures dans une cave alors qu’il faisait 40 degrés à l’extérieur! Franchement c’était dur… Mais tout le monde est revenu au même endroit pour la projection de l’avant-première, donc je pense qu’on est tou.te.s content.e.s de l’expérience.

URUBU : Le panneau avec la dame au début de mon set, on l’a trouvé dans la cave à côté d’un cercueil…

Adrien Taret : J’avais oublié de mettre une ceinture le jour du tournage et mon pantalon tombait sans arrêt ! Donc MOLZK a dû se charger de régulièrement le remonter pendant que je filmais le set de URUBU…

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