À Paris, le collectif Chkoun veut “casser l’élitisme techno” avec des soirées hors normes

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Thomas Smith
Le 29.10.2019, à 16h02
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©Thomas Smith
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Le 31 octobre, la salle de La Java à Paris fêtera une nuit d’Halloween pleine de feu et de magie noire autour de la figure de la sorcière. L’occasion de revenir sur l’histoire de Chkoun, le collectif parisien qui renie l’élitiste des soirées “à la berlinoise” en proposant un modèle de fête bien plus familial et inclusif.

C’est sans conteste l’un des collectifs les plus intéressants de la nuit parisienne actuelle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Trax Magazine a décidé d’inviter ses membres dans les pages de son numéro 225. Depuis sa création en février 2018, Chkoun renouvelle le paysage des soirées de la capitale en proposant des concepts nouveaux, des artistes différents et une approche de la fête radicalement à part. « Depuis quelques temps, Paris rêve d’être le nouveau Berlin. Ça créé parfois une forme d’élitisme techno que l’on cherche à casser en proposant autre chose », explique Dourane Fall, l’un des piliers de cette entité socio-culturo-festive. Il reprend : « Nous avions besoin de nous réapproprier les fêtes et, par exemple, de pouvoir passer des soirées sans avoir besoin de prendre des drogues pour pouvoir apprécier la musique. C’est dans cet état d’esprit que sont nées les soirées Chkoun is it ?. ‘Chkoun’, ça veut dire ‘qui’ en arabe. C’est la mère de ma tante qui dit ‘Chkoun is it ?’ quand elle veut parler anglais. » 

Dès le début, le collectif monte donc des événements visant l’hybridation, l’intersectionnalité et l’altérité comme vecteurs de création. Plus qu’ailleurs, les soirées Chkoun is it ? sont donc un prétexte à la rencontre, dans une nuit parisienne souvent trop cloisonnée. Dourane Fall raconte comment tout ça a vite pris la forme d’un espace de réconciliation entre les générations et les cultures : « En termes d’âge et de provenances sociales, la fête était encore trop réservée à une population précise. On trouvait qu’il manquait quelque chose. Au début, on s’est donc beaucoup axé sur les musiques d’Afrique du Nord car on a bien vu que dès que tu mets de la musique de là-bas, les gens viennent, lèvent les bras et dansent. Ils arrêtent de se regarder du coin de l’œil. C’était aussi pour nous l’occasion d’inviter plein de générations différentes, les tantes, les oncles, les papas, les mamans ».

Après quelques belles réussites comme l’organisation (aux côtés de Filles de Blédards) du festival trans-disciplinaire Identifié.e.s à Mains d’Œuvres et à la Station – Gare des Mines, ou sa participation remarquée à la Rave 4 Climate dans les rues de Paris en mars dernier, le collectif sera cette fois à La Java, le 31 octobre pour une soirée qui réinterprètera la tradition d’Halloween sous le thème des sorcières de Salem, rythmée par les sets de Samantha Deep, Amor Satyr et Corbeille Dallas. Figure archétypale de nos cultures, la sorcière hante l’imaginaire collectif depuis toujours, resurgissant régulièrement sous des formes diverses, tant dans le rituel de la fête que dans les dynamiques d’émancipation qui animent le monde de la nuit. « Comme nous, ces sorcières résistent à l’assimilation dans la communauté puritaine en refusant la conversion, comme nous elles refusent aussi de devenir ce que la majorité veut qu’elles soient à tout prix », explique d’emblée le collectif en guise de manifeste. Nul doute qu’à la Java, la nuit du 31 octobre sera brûlante comme un bûcher.

Toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook de l’événement. Le numéro 225 de Trax Magazine est quant à lui disponible sur le store en ligne.

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