À écouter : le nouvel album de Floating Points est un bijou d’expérimentation IDM et ambient symphonique

Écrit par Jean Gueguen
Le 18.10.2019, à 14h16
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Écrit par Jean Gueguen
Après un premier album acclamé en 2015 et une tournée mondiale au cours de laquelle il sort un EP improvisé en 2017, Floating Points est de retour dans les bacs avec un second album, Crush, où il exprime tout son talent de producteur. Un talent qui lui ouvre d’ailleurs les portes du label Ninja Tune, sur lequel il sort ce nouvel opus.

« Après la dernière tournée avec mon live band, qui a duré près de deux ans, on est rentrés à Londres et le groupe s’est séparé. Je crois qu’on était tous contents de retrouver enfin notre intimité et de ne plus être en déplacement tous les jours. Je suis retourné m’installer dans mon studio pour avoir du temps pour moi. Tout est arrivé très vite. Je crois que j’avais des idées qui me tournaient en tête, informelles, et qui sont toutes sorties d’un coup. En quelques mois c’était terminé », explique Sam Shepherd, alias Floating Points.

Geek docteur en neuroscience, DJ dénicheur de pépites, producteur de talent, créateur de labels, musicien classique et artiste live amateur de synthétiseurs, Floating Points a assez de cordes à son arc pour recréer à lui tout seul un ensemble de violonistes. Son savoir-faire scientifique, son art de mêler instrumentation électronique et références classiques donne tout son éclat à ce nouveau joyau de la couronne britannique : Crush. Un album de 12 titres courts, composés en quelques semaines, guidés par un sentiment d’urgence, comme le confie son auteur : « Les morceaux de mes précédents disques sont souvent assez longs, alors qu’ils font globalement entre 3 et 5 minutes dans celui-ci. Chaque morceau part d’une idée courte et concise, souvent très simple. Mais j’y explore des sons que je n’avais encore jamais utilisés jusque-là ».

Si les sonorités utilisées sont nouvelles, on retrouve dans cet album toute la sensibilité et l’intelligence de production du musicien mancunien, qui font de lui un talent si caractéristique de la scène britannique actuelle, tout en métissage, refusant les limites des genres musicaux, des hiérarchies culturelles ou des frontières géographiques. 

Scientifique dans sa démarche, un album est pour lui « un corpus de travail où explorer des idées, faire revenir des mélodies, des sons particuliers de synthés à différents endroits. Il y a une cohérence, une structure, la musique va plus en profondeur ». Après un premier morceau, “Falaise”, fondé sur la saturation d’une instrumentation classique aux dimensions cinématographiques assumées, Floating Points se jette à l’eau, oscillant entre ambient symphonique et IDM dynamique, sculptant chaque courbe des ondes avec la même précision chirurgicale que lorsqu’il compose pour un orchestre. Le morceau “Requiem for CS70 and Strings” confronte d’ailleurs ces deux écritures en mêlant les cordes virtuelles du synthétiseur Yamaha CS70 à des cordes réelles.

C’est donc un album des plus ambitieux que livre aujourd’hui Floating Points sur le vénérable label Ninja Tunes, producteur de talents électroniques depuis 1991. Le producteur sera de passage à Paris le 13 novembre pour présenter son nouveau live lors d’un concert à l’Élysée Montmartre. Crush est dès aujourd’hui disponible sur toutes les plateformes d’écoute.

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