À écouter : Le grand virage électronique de Yann Tiersen se poursuit avec “11 5 18 2 5 18”

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Richard Dumas
Le 20.06.2022, à 14h55
02 MIN LI-
RE
©Richard Dumas
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Richard Dumas
0 Partages
Ce nouvel album conçu comme suite du précédent Kerber est une ode à l’expérimentation électronique, au mariage avec l’acoustique et au contraste clair-obscur. Depuis son île bretonne d’Ouessant, Yann Tiersen continue d’emmener l’auditeur dans de nouveaux mondes sonores.

Par Brice Miclet

Les répétitions, les figures musicales qui tournent, qui se font écho, qui se rejoignent… Que ce soit dans ses premiers albums ou lors de ses expérimentations les plus électroniques, Yann Tiersen a toujours chéri le concept de la ritournelle. Ce nouvel album, 11 5 18 2 5 18, manie superbement la notion de boucle, d’évolution. Le musicien breton s’est réfugié dans son studio situé sur l’île d’Ouessant, petit bout de terre planté face à l’Atlantique, pour apporter une sorte de suite à son précédent projet, Kerber, paru en 2021. Yann Tiersen a décidé de réutiliser le matériel sonore de ce disque, de le recycler, et de le mélanger à des échantillons d’un autre de ses albums, Dust Lane, sorti il y a treize ans. De la fusion de ces deux univers, de ces deux périodes, de ces deux bouts de carrière bien distincts, 11 5 18 2 5 18 est né.

Mystérieux, cet album est une conversation entre l’électronique expérimentale et les digressions de piano qui ont fait la renommée de Yann Tiersen. Au début de l’album, ce sont bien les machines qui retentissent doucement, laissant, parfois, deviner le son du piano qui semble perdu dans les méandres des oscillateurs. Puis, il émerge, simple mais puissant, pour passer de la simple intuition à la preuve vivante. En maniant ces effets musicaux, 11 5 18 2 5 18 devient un superbe voyage.

©DR

Il y a de la noirceur sur cet album, une certaine menace qui, peut-être, provient de l’instable ciel d’Ouessant. Mais aussi beaucoup de lumière, comme sur le titre “1 18. 13 1 14 5 18. 11 15 26 8”. Contrairement à son prédécesseur, ce disque parvient à se faire dansant, projette l’auditeur dans une salle noire et moite, tard dans la nuit, sur un dancefloor. C’est dans la nature de l’électronique, et Yann Tiersen le sait. Il malmène les versions originales, les transforme, les module à sa guise pour en faire de nouveaux morceaux, dans la digne tradition de l’échantillonnage électronique. Parfois, une voix égarée retentit, comme sur “3 8 1 16 20 5 18. 14 9 14 5 20 5 5 14”. Puis, c’est celle de sa femme, l’artiste Quinquis, qui se mêle à ses expériences sur le morceau de clôture, prouvant que si la musique de Tiersen trouve ses origines au bout d’une île, le musicien n’y est jamais vraiment seul. Et sait nous y emmener.

0 Partages

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant