À écouter : 1H de deconstructed club et de mix expérimental par Maoupa Mazzocchetti

Photo de couverture : ©Umberto Toselli
Le 10.05.2022, à 15h00
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©Umberto Toselli
Photo de couverture : ©Umberto Toselli
Cette semaine, le producteur et DJ français Maoupa Mazzocchetti explore les infinies possibilités de la club music à travers un mix du troisième type.

Maximalisme. Voilà comment résumer en un mot la musique de Maoupa Mazzocchetti. Ce Français désormais basé à Bruxelles explore, tatonne, et joue avec les codes de la dance music pour en traverser les frontières et définir un univers propre. Imprévisibles, ses tracks transforment les références et les normes pour produire un son mutant et non-identifié, qu’aura séduit des labels tels que Mannequin, Dark Entries, Editions Gravats, PRR! PRR!, Unknown Precept, BFDM. En témoigne son dernier projet UXY Dosing© Vol.2 sorti fin-mars, qui transcende définitivement les codes.

Derrière les platines, le DJ et producteur poursuit d’expérimenter le son et s’amuse à superposer, voire même à accumuler les tracks les uns sur les autres, à les tordre et les modifier pour y trouver une dimension parfois plus grandiose, parfois carrément inquiétante, mais toujours radicalement nouvelle. « Je m’ennuie vite derrière les platines », explique-t-il simplement dans l’interview qui suit. « Du coup je m’occupe. » Ses talents de DJ lui auront notamment valu de jouer pour les foules de l’Unsound Festival, Nuits Sonores, Boiler Room, du Berghain, de NTS, Rinse, de La Gaîté Lyrique, ou encore de La Machine du Moulin Rouge, Pour Trax, Maoupa signe aujourd’hui près d’une heure de son, compilant ses récentes trouvailles, du hip hop au reggaeton en passant par la bass et la jungle, et les transformant en un mix hyperactif, déconstruit et expérimental à souhait. Bonne écoute.

Que voulais-tu exprimer avec ce mix ?

Je recherchais quelque chose d’assez varié et contrasté en matière de genre, mais qui dégagent une énergie similaire. Je m’ennuie vite derrière les platines, j’ai trop d’énergie pour me résoudre à jouer des morceaux complets et attendre de jouer le suivant. Du coup je m’occupe, je superpose, j’ajoute divers éléments que je boucle, stretch, pitch…etc. Les CDJ sont trop stimulantes en matière de possibilité pour me résigner à attendre. Ça donne un mixage joué plutôt court, avec parfois littéralement deux tracks complets joués ensemble pour un maximum d’énergie. Un truc du type danse hyper active. On est loin du minimalisme bourgeois raffiné. Presque un mix feed Instagram – pub vidéo sponsorisé – que tu scroles comme un débile à l’infini, mais ici avec une meilleure bande son. C’est politique en fait ?

En résumé c’est un mix maximaliste qui reflète plutôt bien l’énergie de mes deux derniers albums UXY Dosing© sorti sur BFDM (Vol.1 – février 2021 – Vol. 2 – mars 2022).

Quelles furent les conditions d’enregistrement/technique/support ?

Le mix a été enregistré un dimanche ensoleillé au calme, sur CDJ dans les studios de LYL Bruxelles.

Quelles influences et quelles scènes as-tu voulu représenter dans ce mix ?

Je ne recherche pas des scènes ou des genres de musique en particulier. C’est au ressenti. J’écoute, ou on me fait découvrir, et si ça me plaît je le joue. Parfois ça ne peut être que 15 secondes d’un morceau parfois juste un break ou des acappella. Aucune éthique. Mais c’est globalement les trucs club que j’écoute en ce moment. Ça représente pour moi une vision du club après une mise à jour qui fait du bien.

Quel serait le lieu parfait pour l’écouter ?

En club pour le divertissement et l’exotisme, en salle de danse pour la musique.
Il s’écoute n’importe quand, n’importe où, sur tout support, mais pas avec n’importe qui.

Quelque chose à ajouter, à annoncer :

Le 4 juin prochain pour le Bon Air festival, je présenterai une pièce sonore créée dans le cadre d’une résidence au GMEM à Marseille en collaboration avec Maxence Mercier.

Le 11 juin je jouerai en live aux ateliers Jeanne Barret à Marseille au côté de John T. Gast (live) et Vanda Forte (DJ).

Mi-juin à Bruxelles je serai en live pour le dernier évènement de l’artiste Deborah Bowmann dans la galerie du même nom.

En ce qui concerne le live audiovisuel créé en collaboration avec l’artiste visuel Hospice 1er et fraîchement joué au Mutek Barcelone, d’autres dates sont à venir.

Quelques copies de mon dernier album UXY Dosing Vol.2 disponibles via mon Bandcamp, et celui de BFDM, ainsi que chez tous les revendeurs « spécialisés ». Il y a du merch aussi avec la mode et des T-shirt qui partent très vite.

Tracklist

  1. Luis Pestana – Sangra
  2. ESZĀID – Live Meta Marseille
  3. TroyBoi – BUSS IT (Original Mix)
  4. bela – 반길군악/별달거리 Bangilgunak/Byeoldalgeori
  5. Caïn و Muchi – Martyr ظلم
  6. Glass – (High) Reptile Shit
  7. Free Range – Washing Machine Speaking
  8. NVST – Killing Your Voice (Obscure Drum Version)
  9. user18081971 – thnxU4letinMeStyWitU
  10. Glass – Empire State (Air Bag Version) MSTR
  11. Iueke – the return (unreleased)
  12. Amor Satyr & Siu Mata – Nah
  13. Reina Cuarentena – FIGHT CLVB, White Gangster
  14. VERSANO & Godwonder – Ke Cuide Se
  15. Sam Blans, Alex Sargo & Godwonder – Que Bueno
  16. TEENANGEL – NAJA FT. JLZ – XXIII
  17. Dj Plead – Crush and Burn
  18. Vytear – Chune_3
  19. LLX – Nice One (Klahrk Remix)
  20. Hypna – Infrared Master
  21. Accidental Meetings – RV – Utter Gutter Butter Flutter
  22. Iueke – bororororo (unreleased)
  23. Gooooose – Arp Kicks
  24. Aphex Twin – 1st 44
  25. Tara Clerkin Trio – Any of These

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