À écouter : 10 disques exceptionnels qui ont forgé le fer de lance de la house française LB aka Labat

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©C.R.
Le 02.09.2019, à 17h24
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©C.R.
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©C.R.
Certains disques vous changent la vie. En voici dix qui ont trempé le groove de LB aka Labat, fer de lance de la scène house hexagonale.

Cet article a initialement été publié en mai 2019 dans le numéro 221 de Trax Magazine, disponible sur le store en ligne.

3 Chairs, c’est le collectif composé de Theo Parrish, Rick Wilhite, Marcellus Pittman et Moodymann. Ce disque est un hommage à leurs influences musicales, le jazz, la soul, la house de Chicago ou la techno de Detroit. La ligne de démarcation entre ce qui est joué et ce qui est samplé est très floue. Quand j’ai besoin d’inspiration, j’écoute « Dance of Nubia » à fond sur un gros sound-system : c’est ça, la musique du futur.

J’ai acheté la réédition 10” de cet album en 2016, l’original coûte une fortune. On y trouve « Nuclear War », huit minutes sur le thème de la radioactivité et des conséquences d’une guerre nucléaire. C’est un jeu de questions-réponses répété par Sun Ra et son groupe, accompagné par un magnifique piano électrique, le tout sur un ton ironique. 

Pas un disque mais une cassette sortie sur mon label Alélah Records. On y découvre en 5 tracks un univers qui mixe sonorités jazz, rythmes africains et groove à la Three Chairs, justement. « Balak », le morceau d’ouverture de 12 minutes, a été construit uniquement à la MPC ! Il n’y a pas beaucoup d’artistes qui sortent de la musique comme ça en France en ce moment. Respect.

Steven Julien alias FunkinEven fait partie de cette jeune génération de producteurs que j’aime particulièrement. La plupart viennent de Londres ou de Detroit, comme Kyle HallJay Daniel ou Brassfoot. J’ai saigné les morceaux « Bloodline » et « IDK » presque à chaque DJ set. Cette manière de mixer la TR- 808 et les chords donne un côté super crapuleux, très classe. On ne s’en lasse pas.

Un tube disco de 9 minutes que je joue beaucoup. Le Stim, c’est un groupe de Detroit formé dans les 70’s, ancré dans le gospel. Le chanteur Donald Jennings donne tout ce qu’il a et rend merveilleusement hommage au King Muhammad Ali. Le disque a été récemment réédité sur le label Melodies International de Floating Points. 

Peu de temps après la sortie de cet album, Continental a dû faire face à de grosses difficultés financières. Les vinyles de Verocai se vendaient mal, le label les a tous rapatriés pour les refondre. Et l’album est devenu l’un des disques les plus rares de la musique brésilienne. Au-delà de l’anecdote, c’est vraiment la musique brésilienne que j’aime ; électrique, dansante et mélancolique. J’ai découvert Arthur Verocai grâce à Madlib, qui l’a très bien samplé au sein du duo Madvillain avec MF DOOM. Si je devais choisir un morceau, ce serait «  Velho Parente ». Les arrangements sont juste incroyables, et ces voix… Longa vida !

Dominante en bleu est l’un des plus beaux concept-albums de jazz français des 70’s. Il a été écrit par Boris Bergmann et l’on y retrouve Michel Fugain, Sylvain Krief ou Jean-Pierre Mas. Rupture est un supergroupe de jazz formé pour enregistrer un album en trois mois. Sans grand succès à la sortie, une fois de plus. «  Alice aux miroirs » est un de mes morceaux favoris : un piano électrique joué par Jean-Pierre Mas et une magnifique contrebasse, avant de finir sur un solo de guitare cosmique.

J’avais 2 ans quand c’est sorti… C’est évidemment bien plus tard que j’ai découvert cette pépite dont la cassette tourne quasiment chaque matin dans le salon. Des instrus bien boom bap comme j’aime – sur le morceau « Dans ma tête », on croirait le beat tout droit venu de chez Heltah Skeltah. Et le flow et l’écriture sont incroyables. « Pas de tapis rouge, d’autographe, je ne suis pas une star mais un jeune de la rue qui taffe…! » 

Les Black Moon sont à l’origine du crew de Brooklyn, Boot Camp Clik, réunissant entre autres Heltah Skeltah et Smif-n-Wessun. Enta Da Stage est le premier album de ces piliers du rap de New York, avec Da Beatminerz à la production. Un son compact, lourd, fluide, deep jazz, plombé par le martelage sourd des infrabasses à la jamaïcaine. Pour moi, c’est le meilleur album hip-hop qui soit. Je l’écouterai toute ma vie et je filerai les cassettes à mes gosses. 

Mon album préféré de Willie George Hale alias Little Beaver. Je le classe au même rang que Johnny « Guitar » Watson sur l’échelle du pimp par excellence. Party Down est un bijou des 70’s, avec ce gros son électrique de l’époque. « Play the music real slow and make love »… Les effets sur sa voix de lover, le jeu de guitare, j’adore. Cet album, il faut l’écouter en entier, le réécouter, dans son bain, dans le lit, où vous voulez. 

Alélah Records a sorti en avril dernier Do Your Thang, superbe maxi signé par LB aka Labat, Mr. Fries, Polow et Kamoony. Une house dansante, profonde, qui puise chez les plus grands – Theo Parrish, Moodymann, Ron Trent – sans jamais tomber dans le pastiche. Keeping it real.

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