50ème Journée internationale de la Terre : « C’est à l’ensemble des artistes de prendre la parole »

Écrit par Erwan Lecoup
Photo de couverture : ©D.R.
Le 22.04.2020, à 19h00
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Écrit par Erwan Lecoup
Photo de couverture : ©D.R.
En cette 50ème Journée internationale de la Terre, l’heure est aux changements durables et aux prises de conscience collective. Si l’urgence climatique touche petit à petit le plus grand nombre et notamment la jeunesse, la sphère de la musique électronique et underground se penche sur la question depuis déjà quelques années. Trax profite de cette journée pas comme les autres pour donner la parole à Gypsy Ferrari, cofondatrice du lieu alternatif Consulat et membre du mouvement Give A Fuck, organisateur de la Rave 4 Climate.

Ce mercredi 22 avril est l’occasion de célébrer la 50ème Journée internationale de la Terre, date marquant la naissance du mouvement se battant pour la cause environnementale le plus important à ce jour. Une édition inédite, en pleine période de pandémie du Covid-19, où plus de la moitié de la population mondiale se retrouve confinée à domicile. Réseaux de transports à l’arrêt, activité économique en récession, secteur culturel et esprit festif en apnée totale… Si la diminution significative – et temporaire – de la pollution est un point positif, l’analyse est claire pour beaucoup : demain ne doit pas ressembler à hier.

Vers une prise de conscience généralisée

Vendredi dernier, à l’initiative de la mairie de Paris, plus de 40 représentants de la nuit parisienne étaient réunis pour imaginer « l’après ». Au-rendez-vous, la réflexion pour certains de devoir réinventer la fête et ses différents modèles de fonctionnement. « Il y avait une clairvoyance commune sur la situation : cela va être compliqué de rouvrir le secteur club avant longtemps. Il s’agit aussi d’une réelle question de lien social, et il faut en profiter pour réinventer totalement et profondément le modèle sur lequel on se basait hier », relate Gypsy Ferrari, membre du mouvement organisateur de la Rave 4 Climate parisienne, Give A Fuck. Depuis le début du confinement, elle anime une réflexion sur ce que pourrait être une autre fête, avec plusieurs acteurs importants de la nuit parisienne. Elle poursuit. « Construire le monde de demain commence à être une réflexion assez ancienne. Il faut désormais construire le monde d’aujourd’hui. La nuit doit se réunir, car le péril est commun. »

Le milieu de la musique électronique s’est souvent positionnée comme militante et engagée au sujet de l’urgence climatique. Avec des festivals comme We Love Green à Paris, Paradise City en Belgique, ou DGTL aux Pays-Bas, la fête plus verte et durable est au cœur des réflexions. « Il faut continuer de s’orienter vers une fête plus inclusive et plus respectueuse de l’environnement », agrémente Gypsy Ferrari. « Nous sommes dans un moment charnière où il faut repenser à tout, absolument tout. Et notamment à la manière de faire la fête en club ou en festival. Une entente et une union des différents acteurs sont nécessaires. Nous sommes convaincus qu’il n’y a qu’ensemble que l’on fera avancer les choses, que ce soit sur la récession ou sur une nuit plus green. Il faut recommencer, mais pas comme avant ».

« Il faut faire de la pop culture de ces discussions d’intello »

Pour la militante de Give A Fuck, cette crise sanitaire, sociale et culturelle  « n’est pas arrivée pas pour rien ». Au contraire, cette révolution verte est « un grand sujet dont pourrait s’emparer la jeunesse. Il faut sortir des tribunes bien pensantes, ces discussions ne sont pas accessibles à la majorité de la population. Il faut faire de la pop culture de ces discussions d’intello. » C’est alors à l’ensemble des artistes de « prendre la parole pour en parler à leur façon, avec leurs mots, et ce dans tous les milieux artistiques et culturels. Même Booba et Jul s’y mettent, il faut continuer à aller dans ce sens ! », affirme-t-elle.

Nombre de DJs, de labels et de clubs, confinement oblige, se produisent en ce moment sur Internet au travers une abondance de livestreams. Pour certains palliant à l’annulation en cascade de leurs concerts, fruits de leur subsistance économique. Des initiatives qui maintiennent du lien entre les artistes et leur public, et insufflent un élan de solidarité au sein d’une communauté de fêtards aux envies communes. La preuve, selon Gypsy, que « faire la fête ce n’est pas juste boire des coups et écouter de la musique. Nous avons besoin du facteur social, de cette énergie motrice d’être ensemble. Être dans la foule, c’est un moment de communion incroyable. Une pure énergie et une pure liberté à la fois », s’enthousiasme-t-elle.

À l’aube du confinement, une Marche mondiale pour le Climat devait être organisée le week-end des élections municipales du 11 mars 2020. Accompagnée d’une nouvelle Rave 4 Climate portée par le rassemblement d’acteurs de la nuit parisienne Give A Fuck, cette troisième édition se devait comme un symbole de revendication écologique. « C’est important d’aller voter aux municipales, car les actions locales sont les meilleures façons de faire changer les choses. Et c’est l’occasion de mettre le climat en première ligne », explique Gypsy Ferrari. Devant se tenir à la date d’anniversaire de la première Rave 4 Climate de 2019, « malheureusement, celle-ci a été avortée en raison des mesures sanitaires mises en place », conclut-elle.

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