48 heures à Bruxelles en compagnie du Pass Volume

Le 18.11.2022, à 15h07
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Le Pass Volume proposé par Visit Brussels accompagne depuis la réouverture des clubs belges les fêtards bruxellois et les touristes en goguette. Durant 48h, nous avons testé le fameux sésame qui entre fête techno et bars à la mode, nous a permis de défricher les arcanes de la scène indé bruxelloise.

Gare du Nord vendredi après-midi. Je saute dans le premier train direction Bruxelles et une heure et demie plus tard, je foule le quai de Bruxelles-midi. Il est 19h30. Un taxi me dépose en bas de l’hôtel. A peine le temps de défaire mon sac que l’équipe de Visit Brussels me donne rendez-vous dans le centre historique de la capitale belge. Parfait. L’accueil est chaleureux. Je rencontre Fatou de l’équipe Volume et Frederick, en charge de la Night-Life pour visit.brussels, qui me pitch brièvement le déroulement de mon week-end et les spécificités de ce  Pass unique en Europe, que je dois tester. « Le pass permet aux clubbers de profiter d’un panel d’une dizaine de clubs et d’activités touristiques à peu de frais (29 euros) et durant tout le week-end ». C’est parti pour 48 heures de culture à la sauce bruxelloise.

Première étape, le Bloody Louis. Ce club de l’hyper-centre bruxellois est tenu par un certain Christian depuis 19 ans. Le quadra me raconte l’historique du lieu “Ces dernières années on a donné une teinte plus urbaine à la programmation, ce qui nous a permis d’attirer des grands noms comme Damso ou Drake. Stromae et Eden Hazard y ont également leurs habitudes.” Rien que ça. Populaire et branchée, la discothèque se singularise de ses concurrentes par des espaces VIP hiérarchisés selon le portefeuille ou la notoriété des invités. Ses couloirs tortueux abritent ce soir-là une clientèle jeune déjà apprêtée pour Halloween. Mais le boss nous l’assure, « l’âge des participants varie selon le style de la soirée. Le jeudi lors des afterworks la moyenne tourne davantage autour de la trentaine. »

Une virée en taxi plus tard, je me retrouve au milieu d’une ruelle discrète. Au loin un physio dévisage une poignée de quadras. C’est le Jalousy. D’ordinaire, pour y rentrer, il faut un code. Un groupe fermé sur Facebook se charge de transmettre le mot de passe en milieu de semaine. Puis les inscrits s’emploient à faire circuler l’info parmi leurs connaissances. Pour ma part, le QR code de mon Pass Volume me suffit pour franchir le seuil. Une fois à l’intérieur, je découvre une petite cavité aux voûtes en pierre, qui abrite une faune aisée, âgée entre 30 et 40 ans. L’atmosphère est agréable. Deux étages séparent l’espace : un pour le dancefloor et son bar d’envoi et un autre, plus chill, dévoile un bar à cocktails jalonné de canapés et de tables basses. Le proprio est aux petits soins. Atari, DJ de la scène locale, n’est pas là mais son associé Alexis, me fait déguster ses cocktails maison tout en me décrivant son concept. « Au Jalousy on met un point d’honneur à ce que les clients se sentent bien. D’ailleurs, on vient chez nous avant tout pour se rencontrer et profiter d’une sélection musicale pointue. »

Un second taxi me dépose devant l’entrée du Mirano. Rénové il y a trois ans à la suite d’un incendie, cet ancien cinéma abrite un public de trentenaires en chemise soucieux de se déhancher sous les basses d’un sound-system dernier cri. La salle est vaste et les éclairages fastueux. Tanguy, le directeur artistique du lieu, me fait le tour du propriétaire en me gratifiant au passage de quelques anecdotes. « Il y a quelques années, le roi s’est fait recaler du Mirano. Et on raconte aussi que Prince et Grace Jones sont passés par là.” Un couloir menant aux loges aurait même été peint en rose en l’honneur de l’auteur de Purple Rain. Après la visite, je profite quelques minutes de la piste de danse tournante avant de rendre les armes. Fin du game. Il est 5 heures.

La journée du samedi est consacrée à la visite des bars, restaurants et shops indé bruxellois. Je commence par le Rambo. Situé dans le quartier de Ixelles à une vingtaine de minutes à pied du centre, ce burger spot vaut franchement le détour. Pour 16 euros, son potato bun agrémenté d’un steak smashé et d’une sauce maison est tout simplement admirable.  A l’issue de ma balade digestive je tombe sur le quartier des Marolles. Concentré foisonnant de bars, friperies et disquaires en tous genres, c’est l’endroit idéal pour flâner. Au comptoir du Volle Brole, bar typique bruxellois où les clients se chambrent en argot local, je tombe sur Angelo. Trentenaire bariolé de tatouages, le français tient la Boucherie, « plus vieux tattoo shop de BX ». Dans une ambiance cool et punk on peut se faire poser un flash pour 60 euros ou juste jeter un œil aux œuvres qui garnissent les murs du lieu.

22h, la nuit bruxelloise commence à s’animer. Avant de reprendre la tournée des clubs j’atterris au Petit Lion. « Ici, si tu me demandes un Spritz, tu dégages. », s’amuse David, le propriétaire. Le bar n’est pas cher (2,50 le demi) et mixe avec soin clientèle branchée et populaire. Au fond, certains profitent d’une partie de billard quand d’autres tchatchent au comptoir en mettant la musique. Au Petit Lion l’atmosphère est festive et les shots s’enchaînent à la vitesse de l’éclair.

Minuit. C’est l’heure de fouler le dancefloor du Fuse, salle mythique de l’underground belge. Le club est plein. C’est le week-end de la Démence, festival gay qui voit se croiser sur 4 jours de fête la crème de la night life bruxelloise. Entre murs en béton et éclairage minimaliste, la foule s’ambiance sous une techno obscure agrémentée d’ondulations acid. Je finis par croiser la route de Vincent, le nouveau directeur artistique. Après un petit tour d’horizon des lieux entre backstages bondés et couloirs mal éclairés, il m’invite à boire une petite bière au bar. Sa volonté ? « Écrire quelque chose de nouveau avec quelque chose de vieux », car selon lui « la scène techno actuelle se caricature elle-même ».

3h. Il est temps de rejoindre la team du C12. Autre ambiance. L’entrée est facile et le staff pro et souriant. Parfait pour une fin de soirée. Je suis d’abord étonné par l’agencement de l’espace. Haut de plafond et spacieux, il est à mille lieux des architectures classiques de clubs. Et pour cause, il est situé dans une galerie qui en journée prend une autre fonction. Mahdi, le bras droit du DA me présente en quelques mots la philosophie du lieu. « C12 c’est un espace pluridisciplinaire ou art et clubbing se télescopent. Un lieu ou liberté, créativité, diversité et cultures émergentes se protègent des normes du monde extérieur. ». Lieu LGBTQ+ friendly, le C12 se démarque de ses concurrents par un souci constant du bien-être de ses convives. Entre les toilettes non-genrées ou le help space (pour prévenir les consommateurs de drogues) l’équipe du C12 prend les devants et réinvente avec ferveur la scène techno du futur.

Le lendemain, pour finir en beauté, je m’autorise un brunch gourmand chez Fernand OBB. Situé dans le quartier de Saint-Gilles, ce fast-food tendance met à l’honneur les spécialités culinaires bruxelloises. Burger au boudin, pistolet ou poulycroc, tout y passe ou presque pour un prix plus que raisonnable (vingt euros). Après ça, je tente un crochet par les nombreux disquaires des Marolles. Chez Crevette records, 72 records ou Tropicall, la sélection est pointue : new beat, post punk ou spirit jazz chacun fait valoir sa spécialité dans une ambiance feutrée et cosy. 16H10. Le Thalys entre en gare. Pas encore déconnecté du tumulte bruxellois, je m’étends sur mon siège, Airpods dans les oreilles et musique à plein volume, en direction de la capitale française. 

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